Mercredi 31 décembre 2008 3 31 /12 /Déc /2008 09:22
Japanink (ex-Japaneko) est un nouveau venu dans le monde des magazines traitant du Japon, des mangas et de la Japanime. Un nouveau ton, une nouvelle façon de traiter de l’actualité culturelle japonaise, Japanink nous a tout de suite séduit. Nous avons voulu en savoir un peu plus sur ce magazine sorti de nulle part. Nous avons rencontré Romain Huck le rédacteur en chef de Japaneko qui,sans langue de bois et avec une réelle passion, a bien voulu répondre à nos questions.


 

Kochipan : Quel est ton parcours avant Japanink ?

Romain Huck : Je travaille en autodidacte et je propose des projets. Ca marche ou ça marche pas et celui-ci a donc marché.

Quels sont les mangas ou les séries animées qui t’ont fait plonger dans le grand bain ?

 

Je suis tombé dans la marmite Manga/Japanime assez tôt avec Saint-Seiya (Les chevaliers du Zodiaque) et City Hunter (Nicky Larson). Après j’ai eu un regain ces dernières années avec des séries du style Naruto, One Piece ou bien encore Death Note. Je suis très shônen (mangas à destination d’un public masculin adolescent). En fait Death Note ou même Full Metal Alchemist sont le genre de mangas qui ont ravivé la flamme que j’avais étant enfant. En plus maintenant je peux voir avec un regard plus adulte tout ce que je visionnais alors et puis il y a des séries qui finalement n’étaient pas si honteuses que ça à regarder, on y retrouve un autre intérêt.

Par ailleurs je collectionne beaucoup les figurines, c’est d’ailleurs sans doute pour cela qu’il y a dans le magazine une rubrique figurines.

 

Comment as tu constitué l’équipe de Japanink ?

 

Ma principale collaboratrice Cécile Dunouhaud est professeur d’histoire/Géographie qui a fait entre autre l’article sur les mangas Kissa. Elle a une grande culture sur le Japon et c’est une de mes amies. Elle a notamment voyagé au Japon ce qui n’est pas le cas pour le moment me concernant. On a une bonne complémentarité de travail tous les deux du fait de nos formations respectives. Pour le moment l’équipe est toute petite.

 

Comment as tu concrétisé ce projet de Japanink et comment l’as tu présenter à la maison d’édition ?

 

En fait j’ai fait valoir que je voulais faire un magazine sur la culture manga en faisant bien ressortir les mots « culture » et « manga ». Je ne voulais pas faire une copie d’Animeland ou d’autres grosses références de magazines ayant cette thématique.

J’ai pas mal regardé ce qui se fait dans la presse japonaise après c’est impossible de faire comme eux. J’ai essayé de proposer quelque chose en plusieurs parties avec de la grosse culture manga, une partie avec un sujet société et une partie sur les figurines car il n’existe plus de magazine traitant de ce sujet. Le monde de la figurine est un monde qui a été peu ou mal exploité en France. C’est tout un art au Japon. Par ailleurs le manga et l’animation dans ce pays ne sont pas considérés comme une sous-culture pour enfant comme c’est souvent le cas en France.

Si on devait se comparer à Animeland ce serait une rédaction, une approche différente tout en ayant bien sûr les mêmes bases puisque par exemple Death Note a déjà été traité avec Animeland mais exploité différement.

 

Tu a cité Animeland qui est justement la référence dans la presse Manga et d’animation. Il y a de plus en plus de magazine ayant cette thématique et il y a eu malheuresement des disparus (Japan Vibes, Kogaru…). Quel est votre positionnement face à cette concurrence et comment comptez vous faire pour perdurer ?

 

Le but est de se faire une place différente en exploitant la partie culture, les figurines mais aussi à travers les dossiers que nous élaborons qui sont des magazines dans le magazine. Les dossiers de chaque numéro apporteront quelque chose de plus complet. Maintenant le marché des magazines est instable, il est difficile de tirer des plans sur la comète mais on considère qu’on a notre légitimité car on ne trouvera pas de magazines ayant le même contenu sur le marché pour le moment. Et puis on essaye d’exploiter quelque chose qui puisse attirer les plus jeunes mais aussi les plus adultes.

 

 

 

Le public visé est donc un public large ?

 

On essaye d’avoir une approche non caricaturale et plus globalisante de la chose. Cela permettrait à des gens qui s’intéressent qu’à moitié à cette thématique puissent avoir accès sans problème à cette culture.

Il ne faut pas que les adultes aient l’impression d’acheter un magazine pour gamins ou pour fans. Le problème de certains magazines est qu’ils sont très connotés notamment au niveau des termes employés et il faut appartenir à cette culture pour comprendre ce qui est dit.

 


Alors la question que l’on se pose tout bêtement. Pourquoi ce nom de Japaneko au début du magazine ?

 

C’est un jeu de mot entre Japan et Neko, qui veut dire chat en Japonais. Quand j’ai proposé le projet il me fallait un nom de projet. Comme j’aime beaucoup les chats j’ai donc proposé ce mélange des termes. En plus cela peut se traduire par écho au niveau sonore et puis dans plusieurs langues on peut trouver un sens qui aille bien avec le magazine.

 

A la lecture des articles, on ne voit aucun nom de rédacteur. Comment cela-se fait-il ?

 

Quand l’équipe de rédaction sera plus complète on mettra les noms.

 

Une mise en page rigoureuse et sobre, des articles très détaillés, pas de mascote Kawai à chaque coin de page. Est-on vraiment en présence d’un magazine sur les mangas et la japanime ?

 

Justement on peut se passer de références qui ne sont pas aussi japonaises que ça. C’est vraiment dans la culture Japonisante francaise mais pas forcémment dans la culture Japonaise de mettre des mascotes partout. On a voulu parier sur la sobriété et sur un style épuré.

Je trouve que les logos et ce qui s’y rapproche prennent de la place qui pourrait être occupée par du texte.

 

Quelle est la démarche d’un magazine qui n’existe pas encore en kiosque et qui part à la rencontre des différents acteurs du milieu Manga/Japanime ?

 

Cela commence par du contact pour les visuels. On a tenu à avoir une démarche respectueuse à ce sujet. On pourrait utiliser des captures d’écran ou autres mais ce n’est pas très honnête vis-à-vis des éditeurs et des auteurs.

J’ai commencé à travailler vraiment pour le magazine avant la Japan expo. J’ai eu de la chance car j’ai pu contacter pas mal d’éditeurs qui étaient accessibles du fait de la Japan expo et ceux que je n’ai pas pu contacter, je les ai rencontré sur place. Je suis tombé sur des personnes qui étaient très agréables et qui nous ont donné notre chance alors que le magazine n’existait pas mais il y a des preuves à donner.

 

Pour le premier numéro vous avez attaqué avec des poids lourds et populaires du manga à savoir Death Note et Hokuto no Ken. Par la suite comptez vous continuer dans cette voie ou allez vous parler de séries ou d’œuvres plus confidentielles ?

 

On est un peu partagé. Je considère qu’il y a de la place pour les deux. C’est sûr c’est un premier numéro et on peut se dire que ce n’est pas original car on n’a pas la primeur sur ces sujets mais honnêtement pour un premier numéro on ne peut pas avoir la primeur sur telle ou telle série car ça dépend des éditeurs et dans ce cas là on fait un magazine sans visuels.

Je considère que ce qui est populaire n’est pas forcément mauvais. Par exemple avec Death Note c’est le cas, c’est populaire et ce n’est pas de la « Japoniaiserie ». Il y a une véritable analyse à faire.

Notre idéal serait de parler de la culture japonaise qui ne marche pas forcément mais où il y a une véritable originalité.

Tout ça se déroulera au fil des numéros.

 

Tu nous dis justement que vous aimeriez parler de ce qui se passe au niveau culturel au Japon. Y-a-t-il d’autres domaines autres que le manga et la japanime que vous aimeriez développer au sein de Japanink?

 

Tout à fait par exemple les sujets de sociétés étaient des choses qui me tenaient beaucoup à cœur. Dans les magazines pour jeunes on ne traite pas de sujets politiques ou de problèmes sociaux car cela casse avec l’image des mangas. Pour moi il y a une certaine cohérence à parler de ces choses là car cela rentre dans la culture.

 

Dans le premier numéro justement il y a un article sur la jeunesse japonaise en crise. Est ce que tu n’as pas peur que cela brusque une partie du lectorat pour qui le Japon est l’eldorado ?

 

Je considère que chaque pays a d’une certaine manière ses avantages et ses inconvénients. Le japon fait rêver à différents niveaux et il faut lui reconnaître de réelles avancées. D’un autre côté il y a le monde du travail, il y a une certaine dureté. Ils ont pris modèle dans les années 80 sur le capitalisme américain avec les défauts qui en incombent. En fait ce type d’article ammène une vision équilibrée des choses et pas une vision négative. Quand on aime quelqu’un c’est aussi pour ses défauts, c’est un peu pareil pour le Japon.

 

Japaneko publiera des mangas amateurs. Quelle sera la démarche du magazine ?

 

Ce qui peut faire survivre un magazine dans les temps modernes c’est l’interaction. C’est intéressant de voir ce que peuvent créer les gens à partir d’une certaine culture ce que nous avons d’ailleurs déjà fait avec la rubrique création récréation.

Il y a beaucoup de talents sur le net et ailleurs. Le dessin est toute une culture chez nous et dans les autres pays. C’est intéressant de voir la créativité des autres. C’est un bon moyen de faire découvrir des artistes pas forcément connus.

 

Japanink est le premier magazine à faire des articles aussi détaillés sur les figurines si on fait abstraction de « Dixième Planète ». Peux-tu nous en dire plus ?

 

« Dixième planète » (NDA : Magazine qui avait pour thème les figurines et les jouets de collection et qui a cessé sa parution) exploitait les figurines au sens large. Nous c’est la figurine au sens de la création japonaise.
Au Japon il y a de très beaux magazines sur le sujet. Il y a possibilité de faire quelque chose d’esthétisant et d’intéressant. C’est passionnant de voir comment les professionnels mais aussi les amateurs comme la capucin team (un dossier a été réalisé sur eux dans le premier numéro) font leur travail.

 

Le Japon a de plus en plus la côte : De plus en plus de concerts Jpop/Jrock, des magazines, des conventions…Penses-tu que cela soit un simple effet de mode ou que cela va pérdurer ?

Les deux car je pense qu’il y a un gros effet de mode. C’est « in » d’être looké façon Japonaise (Visual, Pop…). Mais en même temps cela fait bien 10 ans que le Japon est revenu en odeur de sainteté notamment grâce à Miyazaki. L’aspect culturel peut perdurer même si cela un jour cela retombera.

 

Pour finir que peut-on souhaiter à Japanink en 2009 ?

Je souhaite vraiment que les lecteurs suivent et acceptent notre démarche. Et puis on espère vraiment perdurer avec le même esprit.

 

Merci à Romain Huck pour sa disponibilité et sa gentillesse.

 

Japaneko - Bimestriel - 5,95 €

www.japanink.fr

Par Acerdim - Publié dans : Interviews
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