Lundi 8 juin 2009 1 08 /06 /Juin /2009 08:51

 

Nous avons eu à Kochipan un coup de coeur pour Jero lors de la sortie de son mini-album. Un artiste qui a réussi à s'imposer dans le milieur fermé de l'Enka Japonais. Retour sur l'histoire de Jero qui a réussi à percer sur les terres de sa grand mère.

Pour bien comprendre la spécificité de Jero, il faut tout d'abord voir ce qui définit l'Enka. C'est un courant musical populaire dont la forme moderne a pris son essort durant l'ère showa après la seconde guerre mondiale. Les chansons sont mélancoliques et ont généralement pour thème un amour impossible ou perdu ou bien encore la nostalgie de son pays (Furusato en Japonais), de sa région ou de sa ville. L'Enka fait partie de ces musiques dont la gamme est pentatonique c'est à dire composé de 5 tons différents comme par exemple le blues. Subissant au fur et mesure des décennies la concurence de la Jpop qui se veut plus moderne et avec des tonalités nettement plus occidentales, l'Enka a fini par perdre en audience sauf parmi une classe de la population, généralement les séniors. Si on ajoute à cela que les artistes de ce courant sont généralement vétus de costumes traditionnels tels que le Kimono, on se retrouve face à un genre clairement ciblé. C'est ainsi que l'Enka souffre d'une réputation de musique vieillissante et pour personnes du troisième âge.

 

La démarche de Jéro, de son vrai nom Jerome Charles White Junior, est ainsi d'ammener un public faisant preuve de condescendance vis a vis de l'Enka et permettre de créer des passerelles entre des auditeurs qui ne se seraient jamais rencontrés.

La découverte de ce genre musical si particulier n'est pas le fruit du hasard. Sa grand mère, Takiko, fut originaire du Japon. Elle connut le grand-père de Jero alors que ce dernier était militaire américain en service au Japon. Notre artiste, quant à lui, a vu le jour à Pittsburgh aux Etats-Unis. Il fut très tôt initié à l'Enka et cette influence il la doit donc à Takiko. Il avait ainsi acquis de solides références et progressivement la passion s'installa. Avant l’âge de 10 ans il entonnait ces mélodies devant un auditoire composé principalement de son aïeule. Il ne comprenait pas les paroles mais le plaisir était bien là. L'idée de devenir un véritable chanteur fit son chemin.


Sa grand-mère l'a toujours encouragé et était persuadé qu'à force de travail il arriverait à ce but qu'il s'était fixé. C'est ainsi que, parallèlement à ses études, il entrepris l'étude du Japonais. A l'âge de 15 ans il fit son premier voyage linguistique dans l'archipel et à l'âge de 20 ans il y retourna dans le cadre d'un échange étudiant entre l'université de Pittsburg et l'université de Kansai Gaidai.


Mais c’est en 2003 qu’a lieu le véritable tournant. Tout juste diplômé de son université américaine, il partit dans le Kansai (Région du Japon où l’on retrouve des villes telles qu’Osaka, Nara ou bien encore Kyoto) où il enseigna l’Anglais et travailla également en tant qu’ingénieur informatique. Deux mois à peine après son installation il participa à l’émission « Nodo Jiman » de la télévision publique NHK. C’est une véritable institution qui consiste en un télé crochet qui va de ville en ville à la recherche de chanteurs amateurs. Comme il l’avoua plus tard il fut très nerveux de chanter devant tant de personnes et à la télévision mais la machine était en route. Il continua ainsi à jongler entre son travail et des concours de Karaoke jusqu’au jour où il fut remarqué par un dirigeant de Victor Entertainment, un gros label de musique appartenant à la firme JVC.


Il s’installa alors à Tokyo et le 20 février 2008 le grand public découvrit Jero à travers son premier single « Umiyuki ». Le lancement se fera au travers d’un concert à Shibuya, quartier jeune et tendance de la capitale nippone. Le ton était donné.

Le succès est immédiat et touche une large audience. L’artiste est en train de démontrer que l’Enka peut redevenir un grand genre musical populaire. Par ailleurs il est en train de réaliser la promesse qu’il avait fait à sa grand mère, devenir un grand chanteur. Malheureusement Takiko ne verra pas l’explosion de son petit fils puisqu’elle quittera ce monde 3 ans plus tôt en 2005. Mais l’engouement qu’elle lui a transmise lui donne une formidable energie et son premier mini album est dans les bacs en juin de la même année. Sobrement intitulé « Covers », il consiste justement en la reprise de grands titres Enka. La suprise est d’autant plus grande du fait de la présentation du jeune homme et de ses prestations vocales. Son look Hip-Hop est la chose qui décontenance au premier coup d’œil. D’ailleurs même si l’artiste s’habille usuellement ainsi il ne voulait pas l’utiliser comme argument commercial. Il avait peur que les gens pensent assister à une parodie ou à une farce. Sa maison de disque l’encouragea malgré tout à garder ce style vestimentaire qui témoignait de ses racines américaines et de son esprit.

Notre chanteur ne se contenta pas de ces réussites commerciales et artistiques. Un autre projet lui tenait à cœur toujours en mémoire de sa chère grand-mère. Il s’agissait de participer à l’émission « Kohaku Uta Gassen » de la NHK. C’est l’émission phare du nouvel an où une équipe de chanteurs s’oppose à une équipe de chanteuses. C’est aussi un bon moyen de se faire connaître au plus grand nombre car ce rendez-vous annuel est suivi par une grand majorité de la population. Le rêve se matérialisa au mois de décembre 2008. L’artiste avait atteint son but.

 

En février 2009, soit un an après ses débuts professionnels, le chanteur sortit son premier album nommé « Yakusoku ». Tout en finesse l’artiste y déploit l’étendu de ses talents. Le style de cette musique si particulière est bien là mais Jero a réussi à y ajouter sa touche personnelle et à renouveler un genre que beaucoup pensait encré définitivement dans le passé.

Le jeune homme n’oublie pas son pays natal. Comme un symbole il a inauguré cette année le festival des sakuras à Washington le 28 mars dernier en chantant deux de ses succès.Jero est en train de vivre un véritable rêve d’enfant selon ses dires.




Discographie

 

Singles :


 

Umiyuki (20 février 2008)

Eisa (28 janvier 2009)

Yancha Michi (15 avril 2009)

Mini-Album :


Covers (25 juin 2008)


Album :



Yakusoku (25 février 2009)
Par Acerdim - Publié dans : Portraits
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