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Titre : Cold Fish
Titre original : 冷たい熱帯魚 Origine : Japon Genre : Drame/Gore/Erotique Studio : Sushi Typhoon Acteurs : Megumi Kagurazaka Asuka Kurosawa Testu Watanabe Mitsuru Fukioshi
Critique : Shamoto tient une boutique de poissons tropicaux. Sa deuxième femme ne s’entend guère avec sa fille, Mitsuko, et cela lui fait peur. Un jour, prise en flagrant délit de vol dans un supermarché, Mitsuko va trouver en la personne de Mr Murata, non seulement un sauveur, mais aussi un homme exerçant le même métier que son père mais à grande échelle. Il poussera même la bonté jusqu’à lui offrir un travail dans son magasin. Mais Mr Murata s’intéresse d’un peu trop près à cette famille qu’il embarquera pour un voyage au bout de l’horreur…(officiel)
Note : "Cold Fish" a obtenu le prix Lotus Air France lors du festival de Deauville. Il fait parti de la trilogie de la Haine composée de "Love exposure" et "Guilty of Romance". "Cold Fish" se base d'un réel fait divers. |
Critique : C'est rare que Kochipan descende des oeuvres et prenne le contrepieds d'une tendance générale bien établie. Pourtant il faut avouer que “Cold Fish” n'est pas le film qu'on nous présente ici et là. A la fois violent et très érotique, “Cold Fish” brille par sa noirceur mais aussi par la lassitude qu'il provoque.
Un terme revient notamment dans le domaine de la japanime et du manga pour qualifier des scènes érotiques mais n'étant pas
forcémment nécessaires à l'intrigue général : Fan service.
“Cold Fish” en use et en abuse. Ainsi on pourra se rincer l'oeil sur les courbes dénudés de Megumi Kagurazaka et aussi sur
des scènes plus que chaudes d'Asuka Kurosawa qui sont bien là pour aguicher le public tel ce "Regarde moi !" qui ne laisse place à aucun doute et où le spectateur se transforme en voyeur avec
toutefois la conscience tranquille car il s'agit ici (à priori) d'un film d'auteur.
Au niveau de la violence il y en aura pour tous les goûts et tous les détails ! L'anatomie humaine et l'art du découpage
n'auront plus de secrets pour vous. Le réalisateur ne prenant aucun gant pour jeter cette bidoche à la face du spectateur.
Cet étalage de sexe et de boucherie bien gore est gratuit. Le propos de Sion se perd en longueur et en détails qui
n'apportent pas grand chose à la trame générale si ce n'est une véritable nausée qui se mêle à une curieuse impression de s'être fait avoir. Avec une conclusion finale presque honteuse (“La vie
est douleureuse”), on sent bien que ce film est là pour choquer sans véritable fond. Certaines critiques ont trouvé audacieuse l'idée d'utiliser des figures chrétiennes (lorsque le
trio infernal découpe ses cadavres dans une maison retirée de la montagne). Mais peut-on parler d'audace lorsqu'on sait notamment qu'au Japon ce genre de symbole appartient plus à un folklore
lointain occidental qu'à un véritable suivi religieux. Le réalisateur ne prends aucun risque. Pourtant les bonnes idées étaient là ne serait ce que le début du film avec cette femme au foyer
préparant le repas de sa famille dénonçant avec justesse l'hypocrisie de façade. On pourrait repenser aussi à ces moments d'évasion au planétarium où le père de famille tente d'idéaliser sa vie
familiale. Là encore c'est bien réussi.
Ou enfin lorsque le vieux propriétaire du magasin voit un de ses partenaires crever sous ses yeux et réagir nerveusement et
cyniquement à la manière d'un Joe Pesci dans “les affranchis”. Seulement n'est pas Scorsese qui veut et Sion s'engouffre dans une apologie de la violence en enlevant tout intérêt au spectateur.
Le choix est alors simple ! Soit on fait du gore pour du gore mais en ce cas on évite au moins de lasser spectateur avec des propos pseudo-sociaux ou alors on tente caméra à la main de faire une
oeuvre ultra violente avec un minimum de pensée comme dans "Dream Home" de Pang Ho-Cheung. Le réalisateur avec “Cold Fish” n'excelle dans aucune des deux voies. Ou alors si on
considère qu'il s'agit là d'une critique pertinente de la société japonaise il faudrait réhabiliter en France et grande pompe Assasin (s) de Kassovitz !
Finalement ce qui est reproché à ce film ce n'est pas tant sa violence, son manque de moral ou son érotisme exacerbé. Ce
serait plutôt qu'il n'assume jamais ce qu'il est : un refouloir pulsionnel qui se cache derrière un discours de façade.