Partager l'article ! Interview : Céline Lavignette-Ammoun: "L'Oiseau Rouge" fut un véritable coup de coeur p ...
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"L'Oiseau Rouge" fut un véritable coup de coeur pour Kochipan, un magnifique album qui arrive à séduire aussi bien les petits que les grands. Il est le résultat d'une belle collaboration franco-chinoise où l'on retrouve à l'écriture Céline Lavignette-Ammoun. De très beaux textes qui permettent aux lecteurs (voire aux auditeurs) de s'évader vers un Japon féérique qui n'est pas si éloigné de notre réalité. Avant de rencontrer à nouveau son public au salon du livre de la jeunesse de Montreuil, Céline Lavignette-Ammoun avait répondu aux questions de Kochipan... |
Pour les lecteurs qui vous découvriraient aujourd'hui pourriez-vous vous
présenter ?
Hum, je n’aime pas trop parler de moi… J’ai une trentaine d’années et je vis près de Paris. J’écris depuis toute petite,
dès que mon boulot m’en laisse le temps (je suis éditrice de manuels scolaires).
Comment passe-t-on de la philosophie aux livres pour enfants
?
On ne « passe » pas vraiment de l’un à l’autre, comme si c’était deux domaines exclusifs ! Une vie offre la
possibilité de faire plein de choses différentes, qui peuvent n’avoir rien à voir les unes avec les autres… et heureusement !
Et puis en fin de compte, ce ne sont pas deux domaines si différents. J’ai fait des études de philosophie pour avoir des
réponses aux questions que je me posais (et je me suis aperçue en chemin que la plupart du temps il n’y avait pas vraiment de réponses… mais c’est une autre histoire !). Et je lis de la
littérature pour la jeunesse et j’en écris, car c’est une autre façon d’exprimer l’étonnement face au monde – une façon plus poétique, plus imagée, peut-être aussi plus libre.
Comment avez vous été amenée à travailler sur "L'oiseau rouge" et comment s'est
déroulé le travail de collaboration avec Nancy Zhang ?
L’écriture de cet ouvrage a été très différente de mes autres projets. C’est en fait les éditeurs de nobi nobi ! qui
m’ont contactée, suite à une annonce qu’ils avaient passée sur Internet et à laquelle j’avais répondu à tout hasard. Ils avaient remarqué, via mes blogs, que j’aimais à la fois la littérature
jeunesse et le Japon, et ils m’ont proposé de travailler sur un projet qu’ils avaient lancé auprès de l’illustratrice Nancy Zhang. Nancy avait une idée d’histoire et avait fait quelques croquis
autour d’une ébauche de scénario. Mais elle calait pour l’écriture de l’histoire proprement dite, d’autant plus qu’elle ne parle pas français. Pierre-Alain et Olivier de nobi nobi ! m’ont
exposé l’idée originale de Nancy et m’ont laissé carte blanche pour inventer une histoire à partir des croquis. Admirative devant le magnifique coup de crayon de Nancy, j’ai tout de suite
accroché à son univers et je me suis appropriée l’idée de ces deux personnages féminins réunis autour d’un oiseau rouge.
Au final, on peut dire que c’est un travail d’équipe : il y a un peu de Nancy dans ce conte, un peu de moi, et même un
peu des éditeurs qui ont porté un regard très attentif sur le travail de création.
Comment se déroule le travail d'écriture notamment lorsque l'on s'adresse à des
enfants ?
Lorsque j’ai commencé à vouloir écrire pour les enfants, je faisais très attention au choix des mots, des idées, pour les
faire correspondre à l’image que je me faisais du public enfantin. Mais je me suis vite rendue compte que c’était très contraignant et complètement paralysant pour l’inspiration ! Maintenant
j’écris les histoires que j’ai envie d’écrire, celles que je sens venir au fond de moi, me souvenant de celle que j’étais enfant, sans véritablement me soucier des contraintes de cibles et de
tranches d’âges. Cela permet de libérer l’écriture… et de se faire plaisir ! Ce n’est que dans un second temps, lorsque je relis le texte et le retravaille, que je peux être amenée à
m’interroger sur la validité de tel ou tel mot, et éventuellement à le modifier si je pense qu’il est susceptible d’être mal compris par un enfant.
Quelles sont les thématiques que vous souhaitez partager avec le public
?
Je n’ai pas de thématique de prédilection. J’aime aborder les sujets qui font partie de mon quotidien. Les idées me
viennent la plupart du temps de situations observées ou vécues autour de moi. Je pense qu’on peut presque tout dire à un enfant. Le plus délicat c’est de trouver la manière de le dire et la seule
contrainte c’est d’offrir un regard plutôt positif et optimiste sur la vie, susceptible d’aider le jeune lecteur à grandir et à lui apprendre à rêver ou à réfléchir. Cela doit être pour cela que
je n’aime quasiment que les histoires qui finissent bien !
©
Nancy Zhang / Céline Lavignette-Ammoun 2010 • nobi nobi !
Bien que "L'Oiseau rouge" s'adresse en priorité à un jeune public, il connaît un
beau succès auprès des adultes. Comment expliquez-vous ce phénomène ?
Les illustrations de Nancy, très travaillées, font rêver les lecteurs, quel que soit leur âge. Quant à l’histoire, elle est
susceptible de plaire aux fans du Japon et de sa culture et est une invitation au voyage. Elle est peut-être également suffisamment riche pour pouvoir être lue à plusieurs niveaux de
lecture.
Enfin, je ne sais pas… ce serait aux lecteurs de répondre à cette question !
Êtes-vous, vous-même, attirée par la culture japonaise et avez-vous eu d'autres
expériences en ce domaine ?
Oui, je suis depuis quelques années une grande fan du Japon et de sa culture – sa nourriture, ses arts, ses modes de vie,
sa littérature… Je suis allée deux fois au Japon et je compte bien y retourner dès que je le pourrai ! Ce sont certainement mes voyages qui m’ont donné envie d’écrire des contes
d’inspiration asiatique. C’est une façon de se replonger dans l’ambiance du voyage et de recréer l’image d’un Japon mi-fantasmé, mi réel.
Vous avez pu rencontrer vos lecteurs lors du dernier Chibi Japan Expo à Paris.
Quelles furent vos impressions ?
C’était mon premier contact avec les lecteurs de cet album et c’était plutôt émouvant ! J’espère que cette histoire
plaira. Écrire est une aventure solitaire, et cela fait plaisir de voir à la fin le livre nous quitter et appartenir en quelque sorte à plein de lecteurs qu’on ne connaît pas !
Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre nouvel album "Les étoiles
amoureuses" ?
Il s’agit de la réécriture d’une légende d’origine chinoise, bien connue en Asie, et tout particulièrement en Corée. Cette
légende est une histoire d’amour entre une princesse vivant dans l’Empire du ciel et un simple mortel, que la malédiction paternelle finit par séparer. J’ai proposé cette histoire aux éditions
Chan-ok, label de Flammarion publiant des albums autour de la Corée, qui a tout de suite aimé ce conte et l’a proposé à l’illustrateur Kim Dong-seong. Cet illustrateur coréen a fait un magnifique
travail sur cette histoire, proposant des dessins de toute beauté.
Quels sont vos projets et que peut-on vous souhaiter pour la suite de l'aventure
?
J’ai plein de projets d’histoires qui s’entassent dans mes tiroirs ou dans plusieurs coins de ma tête ! J’ai très
envie d’écrire d’autres contes asiatiques. Je suis aussi attirée par l’écriture de romans, pour renouveler l’expérience de mon premier roman, Amour, patates et rock’n’roll sorti il y a quelques
semaines aux éditions Grandir d’un monde à l’autre. Ne reste plus qu’à trouver le temps d’écrire tout ça !
En attendant, j’ai un beau projet d’un tout autre ordre qui grandit bien au chaud au fond de mon ventre et qui devrait
pointer le bout de son nez en février. Une future lectrice peut-être ?!
© Interview réalisée par Mail - Kochipan (décembre 2010)
Merci à Céline Lavignette-Ammoun d'avoir accepté de répondre à nos questions et nous lui souhaitons beaucoup de bonnes choses pour son beau projet ;)
Merci à Emilie Hurel, Olivier Pacciani et Pierre-Alain Dufou de nobi nobi ! pour leur aide et leur accueil