Samedi 21 novembre 2009 6 21 /11 /2009 10:29
En octobre dernier, les usagers du métro parisien se sont retrouvés transportés au coeur de Tokyo grâce à l'artiste Chantal Stoman. Une expérience unique rendue possible grâce à l'oeil de la photographe qui a partagé ses différents clichés pris sur le Shutokousoku, la voie rapide qui traverse la capitale Japonaise. Il en ressort des moments très intimes et tout simplement étonnants.
Trois ans après "Woman's obsession" qui montrait la relation entre des femmes Japonaises et le luxe Français, "Lost Highway" fut donc une nouvelle occasion de plonger dans un Japon méconnu.
Chantal Stoman nous a fait l'honneur de répondre à nos différentes questions.




Comment avez vous démaré dans le monde de la photographie et comment définiriez vous la philosophie de l'ensemble de votre oeuvre ?

J’ai commencé par recevoir un appareil photo le jour de mes 16 ans, à faire des images, encore des images, et à ne plus m’arrêter d’observer autour de moi. Ma photo est je crois humaine , et honnête…. Je ne triche pas, et déteste l’imposture.


Qu'est ce qui vous a attiré dans la ville de Tokyo ? qu'avez vous ressenti la premiere fois lorsque vous avez arpenté la capitale Japonaise ?

 

Tokyo est unique : elle ne ressemble à aucune autre ville. Elle est en même temps agressive, et pleine de poésie…

 


Une des particularités de vos oeuvres est que vous utilisez la photographie argentique en noir&Blanc. Pourquoi ce type de représentation dans une ville où les couleurs sont omniprésentes et quelle est la particularité de ce matériel utilisé ?


Je ne travaille qu’en argentique : tant pour les films, que pour mes tirages, qui sont uniques, et artisanaux. Le résultat exceptionnel d’un métier méconnu du grand public : le tireur. Celui qui met en lumière le travail du photographe. Le noir et blanc était comme une évidence aux maitres de la photographie japonaise qui m’ont guidé dans ce projet…

 

Comment est né le projet Lost Highway ? Comment arrive-t-on à percer des moments aussi intimes dans un lieu où tout va très vite et où l'individualisme n'est pas réputé pour sa vivacité ?


Un projet arrive toujours par hasard. Un heureux hasard ! Il ne faut jamais chercher une idée : c’est l’idée qui vient à vous, comme une évidence..

 

Avez-vous pu percevoir la réaction des usagers du Métro parisien face aux clichés de Lost Highway et avez vous des anecdotes à ce sujet ?


Oui, j’ai été vraiment émue par l’enthousiasme des usagers du métro, la façon dont ils captaient quelquefois tout le projet Lost Highway, quelquefois juste quelques images, mais les réactions étaient toujours positives et pleines d’encouragements !

 

Pour les non parisiens prévoyez-vous de montrer à nouveau cette exposition et sous d'autre formes ?


Pour l’instant, Lost Highway est destiné à voyager dans d’autres métros, d’autres capitales à travers le monde.

 


 

"A Woman's obsession" est une autre de vos oeuvres montrant l'attrait des femmes japonaises pour des produits de luxe. On est notamment frappé par la frénésie de certaines photographies et voire des antagonismes (comme cette femme en Kimono devant un immeuble Gucci).

Qu'est ce qui d'après vous attirent plus particuièrement les japonaises vers ce type de produit et ce genre d'obsession est-il visible dans d'autres secteurs et avec d'autres individus au Japon ?


Moi, pour A Woman’s Obsession, je me suis contentée d’observer les femmes japonaises et cette relation si particuliere qu’elles entretiennent avec la mode, et plus précidément le Luxe Français. C’était déjà un projet conséquent. Je crois que la mode procure à toutes les femmes un bien être, un sentiment d’être belle et unique. Les femmes japonaises apprécient cette sensation au-delà de ce que nous connaissons et observons en Europe.

 

"A Woman's obsession" est une exposition itinérante. quelles seront les prochaines étapes et comment avez vous choisi les prochains lieux notamment Pékin ? Constatez vous différente appréhensions de votre oeuvre selon les pays ?


Non, je crois que ce sujet touche toutes les femmes, au-delà des frontières et des cultures. Tant de femmes se reconnaissent dans A Woman’s Obsession et me le font savoir…. Peut être, il y a des décénnies, à l’époque du communisme, çut été délicat d’exposer ce travail à Moscou …

 

La photo est subjective comme toute autre forme d'art. Comment l'oeil de l'artiste arrive à retranscrire ce qu'il ressent ou pense face à des événements extérieurs dont il n'a pas le contrôle?


Je crois beaucoup à la complicité de mon boitier…. Il m’accompagne dans mes projets, au-delà de l’aspect physique de la chose… Mais, cela c’est indescriptible. Peut être est ce la magie des artistes ?

 

Avez-vous d'autres projets liés à l'Asie et quel est votre souhait pour la suite ?


Mes projets futurs à develloper sont encore trop abstraits pour en parler. Par contre, mon souhait est de continuer à faire des images qui touchent et surtout, de les partager avec le plus grand nombre…



 

© Kochipan - Novembre 2009

Interview réalisée par E-mail


Un très grand merci à Chantal Stoman pour avoir accepté de répondre à nos questions mais aussi pour son accueil et sa gentillesse

 

Site officiel de Chantal Stoman

www.chantalstoman.com

 

Par Acerdim - Publié dans : Interviews - Communauté : ASIA
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