Mardi 29 décembre 2009 2 29 /12 /Déc /2009 16:46
tomomi1.jpg Tomomi Suzuki est une artiste indépendante qui s'est faite connaître grâce à son mini-album "logic" en 2005.Son monde musical est une pop intimiste avec quelques saveurs accoustiques. Passionnée elle ne se contente pas de partager sa propre musique puisqu'elle fait également connaître d'autres artistes à travers le magazine japonais Art Yard Informer avec lequel elle collabore depuis le début en tant que journaliste. Deux métiers mais une même vibration et une même soif de musique. Entre la préparation de son nouvel album et ses rencontres musicales pour Art Yard Informer, Tomomi Suzuki a accepté de répondre aux questions de Kochipan !


Comment avez vous démarré dans le monde musical ?


J'ai commencé par jouer du Piano à l'âge de 6 ans. Après lorsque j'ai eu mon bac au lycée, j'ai essayé d'écrire mes propres chansons. Un jour j'en ai parlé à une de mes amies, elle m'a ensuite présenté à des gens qui travaillaient dans la musique. Ils m'ont ensuite aidé pour l'enregistrement et ils m'ont soutenu pour mes concerts lives. A cette époque je ne jouais pas du piano car il y avait quelqu'un qui jouait au clavier pour moi.


Vous avez sorti votre premier mini-album «Logic » en 2005. Comment avez vous travaillé sur celui-ci et quel en est la teneur ?


Le concept le plus important...c'est finalement l'expression d'un bon moment de Pop Japonaise dans l'histoire de mes souvenirs. Actuellement la plupart des sons japonais modernes sont de nature digitale et cela a les avantages que vous connaissez...Ce sont des pistes musicales vraiment magnifiques, mais je voulais faire mes propres pistes en toute simplicité avec de bonnes sonorités. Dans « Logic », je chantais plus des chansons mélancoliques que des chansons gaies car j'avais 20 ans et que j'aimais ce genre de musique. Il y avait beaucoup de choses auxquelles je pensais comme toutes les filles de mon âge. La plupart de ceux qui aiment ma musique disent que cet album est un bon remède contre leur douleurs sentimentales. Je pense que faire des pistes simples révèle ce genre d'impression.

 

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A l'écoute de votre musique on peut ressentir que chaque élément a son importance (Piano, Guitare, voix...) et que vous vous dirigez vers un pop intimiste. Comment caractériseriez vous votre musique et quel est votre travail sur la production musicale ?


Généralement je joue seulement du piano quand je donne une représentation et mon nouvel album sera une simple composition (avec bien entendu des bass, guitares et des sections rythmiques). Je suis en train de travailler sur un nouvel album avec un arrangeur mais généralement j'utilise mon propre logiciel « Logic Studio » avec lequel je peux créer des pistes tout en jouant avec des claviers MIDI et le KORG nord 3. Parfois j'utilise des plugins MAS ou VST.

L'arrangeur m'aide justement au niveau de la production.



Pour vous la musique semble être une expérience vivante et de partage. On peut le constater notamment sur les lives que vous donnez. Comment choisissez vous les endroits où vous faites vos représentations et quel type de relation avez vous avec votre public à ce moment là ?


J'aime les endroits où il y a toutes sortes de musiciens. Pour être franche, les live-houses Japonais sont ouverts à certains genres. La plupart de ceux qui gèrent ces lieux aiment le même style de musique comme du «Piano Night » mais je pense qu'ils devraient plus mélanger les genres musicaux. J'aime jouer avec le même style de musiciens mais je recherche d'autre sorte de bons musiciens qui peuvent jouer avec moi durant la même soirée et leur musique est un peu une manière d'encourager ma musique. Actuellement la plupart de mes auditeurs adorent la musique accoustique, et les fans d'autres artistes achètent mes Cds s'ils écoutent mes chansons durant un concert live. Même si la musique accoustique ne reçoit pas le même style de réaction qu'une événement rock, je trouve qu'il y a tout de même qu'il y a quelques personnes qui quittent leurs sièges durant un concert accoustique. Le public est donc très attentif à ma musique et c'est comme une atmosphère chaleureuse.


Quels sont vos prochains projets musicaux et pensez vous faire découvrir votre musique dans d'autres pays ?


A propos du nouvel album, je suis en train de voir pour le vendre d'une manière alternative. « Logic » fut vendu par un réseau de distribution standard à travers des disquaires comme HMV ou Tower Records mais cette fois nous allons sortir le CD d'une autre manière. Durant les concerts lives, dans notre boutique (Nous avons notre propre boutique de CD à Osaka qui est soutenu par le magazine Art Yard informer). Le public peut donc acheter de bonnes chansons dans toutes sortes d'endroits. Je pense que la vente n'est pas seulement lié au réseau de distribution des majors ou des agences. La vente alternative est donc un nouveau challenge pour moi.

La plupart des gens qui sont dans le monde de la musique sont sceptiques sur le fait de créer notre propre chaine de distribution mais c'est dorénavant notre chemin. Concernant le design de l'album, nous travaillons avec Acco qui est une artiste spécialisée dans le design de jouets mignons d'animaux. Je veux donc que les pays étrangers puissent avoir une bonne impression pour ainsi découvrir ma musique. Je travaille donc beaucoup sur cet album.


Une chose étonnante c'est que vous n'êtes pas seulement une artiste mais vous êtes aussi journaliste à travers le magazine Art Yard Informer. Pouvez vous nous en dire plus sur celui-ci et comment a commencé cette collaboration ?


Au début de Art Yard Informer, quelques artistes (musiciens, chanteurs...) se sont réunis pour le 1er numéro. Nous avons utilisé nos réseaux et nous avons démarré avec un tirage de 10 000 exemplaires à Tokyo et Osaka, il y a 4 ans.

 

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Quelle est la ligne éditoriale de Art Yard Informer ?


Nous parlons de sujet importants à travers des artistes connus comme Placebo ou Underworld. Mais dans le même temps, nous écrivojns aussi sur des artistes indépendants incroyables comme The Kabiedies (Grande Bretagne), Illute (Allemagne), The Pinker Tones (Espagne) et beaucoup d'autres. C'est vraiment très différent des magazines existants. Art Yard Informer a beaucoup de contacts et d'amis parmi des artistes européens. Nous distribuons notre magazine dans des écoles d'art, HMV au Japon et bien d'autres endroits encore. Récemment, nous avons distribué notre magazine dans un grand événement comme le « Electragride Warp20 » au Makuhari Messe.

A ce moment là, Chris Cunningham était en train de jouer là-bas. Nous avons ouvert notre espace événementiel au « Art Yard studio » juste devant la station JR Nanba à Osaka et nos lecteurs pouvaient utiliser cet endroit pour jouer de la musique, lire notre magazine, prendre des photos d'artistes et utiliser cet espace de représentation. Nous avons invité des artistes comme Phill Niblok et beaucoup d'artistes indépendants. Des DJ et de VJ ont également joué leur musique. La chose la plus importante est de créer de véritables contacts entre les artistes qui ont visité le Art Yard Studio. J'espère qu'ils se sont fait pas mal d'amis et créés des réseaux pour leur activités musicales à travers notre studio à Osaka.


Comment choisissez vous les artistes que vous rencontrez pour vos articles et quel est votre meilleur souvenir ?


J'invite très simplement les artistes dont je me sens proche au Art Informer pour des interviews. Récemment j'ai eu une interview avec Ino Hidefumi, il joue du Piano Rhodes et j'en suis un grand fan. A ce moment-là, nous avions déjà fait un article spécial sur Warp Records, le fameux label électro de Grande Bretagne. Nous lui avons donc demander une interview. Un de mes meilleurs souvenirs c'est sans doute lors d'une interview avec Makoto Kawamoto. C'est vraiment une artiste très connue au Japon et j'écoutais beaucoup ses albums quand j'avais 13 ans. Elle fait de la musique indépendante comme nous, j'ai donc pensé que ce serait l'idéal. Elle va sortir un nouvel album prochainement. Je souhaite donc écrire à ce sujet.


Quel sorte d'impact peut avoir votre parcours musical sur votre métier de journaliste et inversement ?


Art Yard Informer est vraiment une chose fatale pour moi car j'écris beaucoup d'articles. Je distribue le magazine dans chaque lieu où je joue ma musique. Art Yard Informer fut né au la même année que mon album. Mais durant cette période des gens de ma compagnie de management m'ont dit «Ne fais pas de la pub pour Art Yard Informer », c'est vraiment une connerie. Car les deux font partis de ma vie. Cette compagnie de management a fait banqueroute mais Art Yard Informer est toujours vivant et beaucoup de musiciens aiment ce magazine. Et puis je peux rencontrer beaucoup d'artistes à travers les interviews. C'est vraiment une expérience excitante pour moi.


A travers vos  rencontres et vos expériences, voyez vous différentes approches ou existences entre les artistes indépendants japonais et étrangers ?


Les artistes étrangers nous envoient les réponses rapidement. Cela n'a rien à voir avec une différence d'heures ou s'ils sont connus ou pas. Mais beaucoup de jeunes artistes japonais nous disent « Voyez ça avec mon manager ». Peux tu le croire ? Certaines jeunes artistes japonais n'ont aucune idée de leur promotion. L'une des raisons est que les artistes japonaise n'emploient pas un manager mais ce sont les managers qui emploient des musiciens. C'est surréaliste. Je trouve que les artistes étrangers sont plus attentifs à leur promotion.


Selon vous comment un artiste indépendant peut-il exister aujourd'hui ?


C'est à peu près la même chose que pour Art Yard Informer mais je pense que nous devons faire face à de nouveaux challenges qui effraient beaucoup d'artistes. Nous devons tout faire pour avoir une bonne activité. C'est mon parcours mais je pense que c'est pareille pour tout le monde. Et maintenant je suis proche de conclure mon nouvel album et ma conscience musicale sera bien meilleur qu'auparavant. Certains artistes dans des interviews disent «Les choses passées ne sont pas importantes pour moi ». Je souhaite penser la même chose en tout cas c'est aussi ma réponse.


Comment voyez tu les prochaines étapes de votre carrière et que peut-t-on vous souhaiter pour le futur ?


Nous espérons pouvoir vendre beaucoup d'albums et tout simplement apprécier tout cela. Et puis continuer à aider Art Yard studio pour les artistes et améliorer cet endroit pour que cela devienne un lieu grandiose ! Merci !

 

©Photos - Tomomi Suzuki

©Interview réalisée par E-mail - Kochipan (décembre 2009)


Un grand merci à Tomomi Suzuki pour sa gentillesse et aussi pour son ouverture

Merci également à Haruo Takimoto pour son aide précieuse et son accueil

 

Site officiel de Tomomi Suzuki

 

Site officiel de Art Yard Informer

Par Acerdim - Publié dans : Interviews - Communauté : ASIA
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