Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 23:13
Y.S.jpg Il arrive que certaines oeuvres cassent les frontières culturelles et artisiques. Il arrive que certaines oeuvres transcendent les barrières. C'est le cas avec la photographe Yukiko Shimizu. Une artiste passionnée qui se dévoile à travers ses photos qui expriment une grande sensibilité humaine. Toutefois ses superbes photographies ne sont qu'une des facettes de son travail puisqu'elle s'exprime aussi à travers la poésie ou bien encore la musique pour former un tout qui ne peut qu'émouvoir le public. Yukiko Shimizu nous a ouvert les portes de son univers et a répondu aux questions de Kochipan...


Vous êtes né au Japon et vous a passé votre enfance aux Etats-Unis. Que vous ont apporté ces deux cultures pour votre travail et votre sensibilité ?


Ce fut grâce à mes grands parents qui m'ont enseignés et fait réaliser la beautée de la culture Japonaise. Ils ont créé un très beau jardin et ils ont construit les escaliers de leurs propres mains en utilisant des pierres. A chaque fois que je leur rendais visite, nous passions la plupart du temps dans le jardin et profitions de la saison. J'avais 3 ans quand j'ai du partir pour l'Amérique. J'étais nerveuse jusqu'à ce que je sois là-bas mais quand j'ai vu ce beau pays j'en suis tombée amoureuse. J'ai vécu à Boston et à New York. Les gens étaient amicaux et ont accueilli une petite fille d'Asie. Je fus capable de me faire beaucoup d'amis et je n'ai ressenti aucune barrière. Il y avait également de merveilleux musées et je fus donc en contact avec du grand art. Les saisons furent belles et j'ai apprécié chaque moment. Quand je suis retournée au Japon, je ne pouvais pas bien parler Japonais et ne pouvais non plus m'adapter à la culture. J'ai cherché comment m'exprimer moi-même et j'ai commencé par dessiner des oeuvres de Monet en utilisant de la peinture à l'huile comme j'ai pu en voirdans le musée de Boston. J'ai joué du piano et j'ai fait mes propres chansons. Mon travail fut sélectionné pour un concours à l'école et j'ai alors trouvé que l'art pouvait parler ainsi profondément.


C'est par la photographie que beaucoup de choses semblent avoir commencé pour vous et notamment grâce à votre grand-père. Comment vous a-t-il transmis sa passion et que représente-t-il pour vous ?


Il ne m'a jamais forcé à faire ce qu'il faisait, mais le regarder en train d'utiliser son appareil photo m'a naturellement attiré. Il a voyagé autour du monde pour prendre des photos de paysages naturels et historiques. Cela m'a permi d'ouvrir les yeux sur le monde et accroître ma curiosité. Son vieux Nikon 35mm fut le premier appareil photo que j'ai utilisé et le son de l'obturateur m'a vraiment captivé depuis ce moment-là. J'ai pris des photos de gens, d'animaux, d'objets, beaucoup de choses et il y avait beaucoup de pellicules non développées depuis que je prenais tout ce que je voyais.


 Certaines de vos photos sont lumineuses avec beaucoup de couleurs (comme par exemple la série “Landscape luminous”) et on peut avoir le sentiment de s'évader et de respirer. Sur d'autres photos par contre l'ambiance est plus noire et plus trouvle comme (comme la série “Nightmare”. Comment pouvez vous expliquer ces deux facettes de votre art et que souhaitez vous exprimer ainsi ?


Après la mort de mon grand-père, j'ai ressenti quelque chose comme si son esprit avait élevé ma conscience vers un endroit plus élevé. Cela m'a fait apprécié ma vie et l'universe dans lequel je vie. Quand il est parti, je vivais à New York où j'étais en train d'étudier la photographie. J'ai fait l'expérience de très dures réalités et je suis devenue sérieusement malade et je souffrais de troubles mentaux à cette période. Tout ce que je photographiais était en noir et blanc. Je ne pouvais voir le monde en couleurs. Quand j'ai perdu soudainement mon grand-père j'ai perdu un grand soutien à l'intérieur de moi et j'ai essayé de trouver son esprit. Je ressentais sa trace dans la nature et son contact à travers le vent et ses paroles à travers des ondulations. Le côté obscur de mon travail exprimme la souffrance dont nous devons faire face en réalité et la nature colorée est une trace des esprits saints.


Justement vous utilisez parfaitement le noir et blanc et la couleur. Comment choisissez vous le style de vos sujets et avec lequel vous sentez vous le plus à l'aise ?


Le noir et blanc exprime la réalité comme je l'ai évoqué. Les photos en couleurs sont la manière dont je vois le monde à la fois de manière réelle et spirituelle. Cela dépend ce que j'essaye d'évoquer mais j'apprécie la beauté du monde en couleurs.

 

Opal.jpg


Grâce aux photographies nous pouvons voir le monde à travers les yeux d'un photographe. Quelle vision du monde souhaitez vous montrer et exprimer ?


Je crois que l'art peut faire la différence dans ce monde. Quand j'ai fait une exposition au Japon en 2008, elle fut nommée “Esprit de la terre”. Les photos qui furent prises à la préfectuer de Wakayama sont celles de nombreux sancturaires historiques et spiriruels. C'était pour prouver comme notre monde est beau et pour devenir humble face à cette grande création. Nous devons prendre des résolutions avant que cela soit trop tard. Quand j'ai fait “Nightmare” et “Optical unconsciousness” , j'ai exprimé toutes les souffrances auxquelles j'ai fait face dans ce monde. La guerre, la haine, la violence, la déception, le meurtre, le suicide...etc. Ce ne fut pas une représentation mais un véritable sentiment que j'ai de la brutale réalité dont j'ai du faire l'experience dans ma vie. J'ai souffert de troubles mentaux au début de mes 20 ans et cela m'a pris des années pour aller mieux. Ce furent mes premiers travaux pour ouvrir ma bouche à propos de ces tragédies. Je ne me sentais pas à l'aise pour les expliquer de manière spécifique car j'aurai pu faire du mal aux autres en disant cela mais je devais le sortir et montrer combien ce monde fait souffrir des gens et nous avons la chance pour pouvoir changer. Cela commence par savoir la douleur des autres et aussi en réalisant sur quelle précieuse planète nous vivons. J'espère que je peux émouvoir d'autres personnes et changer leur façon de vivre.


Vos pas vous ont conduit au Cambodge en 2009. A travers ces photos nous pouvons ressentir une grande chaleur humaine. Cette experience semble avoir eu un véritable impact sur vous. Pouvez nous en dire un peu plus et pensez vous refaire ce genre d'experience ?


Le gens au Cambodge m'ont appris à apprécier la vie même s'il y a des moments difficiles. Les gens ne m'ont jamais demandé quoi que ce soit. Ils fut simples et heureux. Nous vivons dans un monde de production de masse qui a emporté notre humanité. Les Cambodgiens m'ont appris le plaisir d'être simplement en vie. J'espère pouvoir y retourner, la prochaine fois je voudrai aller un peu plus dans la campagne.


En dehors de vos photographies, vous vous exprimez aussi à travers la musique. Comment êtes vous arrivé dans le monde de la musique et comment composez vos vos chansons ?


J'aime jouer du piano depuis mon enfance, mais ce fut lorsque mon grand-père est mort que j'ai commencé à écouter les sonorités autour de moi. Cela m'a illuminé et j'ai vraiment aimé. La musique est venue naturellement. J'ai étudié la musicologie à Berklee et à travers le professeur M. Mikai pour savoir ce que j'écoute et d'où cela provient. Je vois des images et j'écoutais de la musique en même temps. Cela vient vraiment du plus profond de moi. Il y a quelque chose de profond dans chaque âme et je cherche à l'intérieur les réponses pour chaque chose et pour chacun et cela devient mon travail.


Lorsque nous écoutons votre musique nous avons l'impression d'une prolongation naturelle de vos photographies, une prolongation du rêve et du voyage. Comment avez vous réussi à casser les frontières entre l'image et le son ?


Les images et les sons sont un ensemble qui viennent au même moment. Je veux créer l'expérience que je suis en train de vivre et ce qu'est mon univers et ainsi un transmettre un message profond.


La photographie, la musique mais aussi la poésie appartiennent à votre monde et une fois encore c'est

une rencontre qui fut décisive pour vous en l'occurence avec Cid Corman à qui vous avez rendu un

hommage émouvant sur votre site. Pouvez nous en dire plus sur cette rencontre ?


Je fus au Etats Unis quand j'ai commencé à lire les oeuvres de M. Cid Corman. Ses mots sont tout simplement

profonds. Alors que la culture américaine est plus axée sur la taille et le volume. Je ressentais une grand facilité lorsque je lisais ses poèmes. Quand j'ai su qu'il vivait à Kyoto avec une femme japonaise je comprenais alors d'où venaient ces éléments. Je l'ai contacté quand je suis retourné au Japon et j'ai échangé avec lui des courriers et des E-mails. Il m'a accueilli et son épouse Shizumi m'a ensuite offert son Kimono qu'elle portait lors de leur mariage et beaucoup d'autres trésors que Cid lui avait offert. Leur histoire d'amour m'a beaucoup plus touché que d'autres histoires ou films que j'aurai pu lire ou voir et j'ai compris que cette poésie était sa vie.

 


Finalement comment décririez vous votre propre univers ?


Il est simplement fait d'amour, au mois je souhaite toujours rester vraie dans mes mots et l'amour est la raison pour laquelle nous sommes ici. Je crois que l'art peut faire que le monde puisse devenir un meilleur endroit. En faisant réaliser la douleur des autres nous devenons gentils les uns avec les autres. Pour réaliser ce paysage lumineux, nous devons arrêter l'invasion qui détruit la nature. Nous vivons dans une période de changements et nous pouvons arrêter notre propre égo ou nous allons atteintre un point où on ne pourra plus récuperer notre planète. J'espère que je pourrais rendremon plaisir à la terre à travers mes travaux.


Quels sont vos prochains projets et que pouvons nous vous souhaiter pour la suite de votre carrière ?


Je voudrai faire plus de choses concernant le changement climatique, la pauvreté et toutes les crises de ce monde. Je souhaite échanger ces travaux à travers le monde et rencontrer beaucoup de gens. Nous pouvons changer le monde en s'appréciant les uns et les autres.
Merci beaucoup !

 

©Photos : Yukiko Shimizu
©Interview réalisée par E-mail - Kochipan (mars 2010)


Un grand merci à Yukiko Shimizu pour sa gentilesse, son accueil et sa sensibilité

Site officiel de Yukiko Shimizu

Par Kochipan - Publié dans : Interviews - Communauté : ASIA
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