Vendredi 9 octobre 2009
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Titre : Le fusil de Lala
Titre Anglais : Lala's Gun
Titre original : 滚拉拉的枪
Réalisateur : Ning Jingwu
Acteur : Wang Jishuai
Origine : Chine
Date de sortie : 2008
Résumé : La coutume veut que lorsque l'on passe à l'âge adulte, à 16 ans chez les Miaos, les jeunes garçons se
voient offrir un fusil par leur père au cours d'une cérémonie qui marque ce passage. Le jeune Lala va bientôt atteindre cette majorité mais il vit seul avec sa grand-mère. Il n'a jamais
connu son père. La coutume de son peuple sera donc un bon pretexte pour essayer de retrouver ses racines et en même temps quitter l'enfance...
Note : C'est le deuxième film de Ning Jingwu prenant place à Biasha dans la minorité ethnique des Miaos. Le film fut
présenté pour la première fois en France lors de la soirée de clôture du 4ème festival du Cinéma chinois de Paris en 2009.
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Critique : Nous retrouvons le réalisateur Ning Jingwu après un décevant "Nid d'oiseaux". Nous nous demandions alors quelle tournure prendrait "Le fusil de Lala". La comparaison est
inévitable.Les thèmes sont en effet très similaires à savoir un jeune Miao de Biasha qui part à la quête de son père et qui est donc un nouveau pretexte pour un parcours
initiatique. On se demande d'ailleurs si on ne voit pas le même film, certains plans étant vraiment similaires. Ceux qui auront vu les deux films auront
l'impression d'une redite et par conséquent on ne saurait que trop conseiller d'oublier "Le nid d'oiseaux" pour se focaliser sur "Le
Fusil de Lala" qui est bien plus aboutti à de nombreux égards. Tout d'abord, le réalisateur suit une vrai ligne directrice et ne s'embarque pas de grands discours inutiles comme ce fut
le cas avec le précédent film. Il n'y pas d'éléments superfciels et le spectacle donné à l'écran nous donne l'impression d'une véritable authenticité. Les acteurs, qui n'en sont d'ailleurs pas,
ne surjouent pas et il s'en dégage ainsi une véritable sincérité. Il y a parfois quelques maladresses mais qui n'entachent en rien la qualité de l'oeuvre.
Au niveau du décor, nous sommes transportés dans un monde intemporel, une sorte d'Eden où l'homme fait union avec la nature. La cérémonie du
passage à l'âge adulte avec le choix d'un arbre pour père explique clairement le mode des vie des Miaos. Le réalisateur a, de manière ingénieuse, tracé les frontière entre ce monde et la Chine
moderne. L'effet est saisissant lorsque Lala quitte son village avec des chants Miaos et un paysage verdoyant et que l'image d'après c'est une musique plus agressive qui fait place avec une cité
urbaine assez grise. Ce dualisme s'exprime également à travers la destinée de certains personnages. On pensera à l'ami de Lala qui part à Canton et sans doute il laissera-t-il son âme et son
esprit.
La trame principale, quantà elle, trace le passage dans le monde adulte de notre jeune protagoniste à travers des rencontres, des
événements parfois douloureux...On apprends avec lui et on a cette impression de pouvoir se poser, réflechir sur la vie et sur nos actes. C'est une véritable bouffée d'oxygène.
Cette histoire trouvera également un écho avec les problèmes environnementaux régulièrement mis en avant. D'un point de vue différent,
l'efficacité serait en tout cas similaire à un "Home" de Yann Arthus Bertrand.
Au final nous avons donc un très beau film où chacun y trouvera son compte : les amoureux d'évasion et ceux qui voudraient prendre le temps de
réflechir à leur environnement.
Par Acerdim
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Publié dans : Film
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