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Titre : Mei Lanfang Titre Anglais : Forever Enthralled Titre orignal : 梅兰芳 Réalisateur : Chen Kaige Acteurs : Yu Shaoqun Leon Lai Wang Xueqi Zhang Ziyi Ando Masanobu Chen Hong Origine : Chine Date de sortie : 2008
Résumé : Le film retrace une partie de la vie de Mei Lanfang célèbre chanteur d'opéra de Pékin qui connu le succès non seulement dans son pays mais à l'étranger. Un artiste qui a connu également les épreuves subies par la Chine pendant l'invasion du Japon et qui du faire des choix... |
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Note : Mei Lanfang fait parti des blockbusters de l'année 2008 en Chine avec une recette de plus de 100 millions de Yuan. C'est un retour aux sources dans l'opéra de Pékin pour Chen Kaige qui avait réalisé le fameux « Adieu ma concubine » (Palme d'or à Cannes en 1993). D'ailleurs «Adieu ma concubine » est un opéra qu'avait joué Mei Lanfang. L'attrait pour ce grand artiste est venu au réalisateur lorsqu'enfant il avait pu le voir en scène. |
Tout simplement un régal ! Un régal visuel mais aussi auditif. Les acteurs prennent plaisir et on le partage comme un bon repas qui se déguste petit à petit. Parfois ils en font un peu trop et ils surjouent notamment au tout début lorsque l'élève affronte le maître mais malgré tout on se délecte de ces prestations. Même si l'on ne comprends pas le mandarin, on ne reste pas insensible à la diction des différents personnages à la fois dans le dialogue mais également lorsqu'ils composent leurs rôles dans l'opéra de Pékin.
Celui qui éblouit l'écran en premier lieu c'est Wang Xueqi qui compose un personnage magistral en l'occurence le maître de Mei Lanfang. A la fois précieux et intraitable sur la gestuelle et la façon d'appréhender l'opéra. A lui seul il est sans doute le meilleur argument pour aller admirer le film. En le voyant on comprends où se trouve la différence entre acteur et figurant. C'est vraiment tout un art et au delà du film on a vraiment l'impression qu'il donne au spectateur un cours sur son grand métier.
L'autre figure qui nous a marqué est sans aucun doute Sun Honglei qui joue là un imprésario hors-pair tellement convaincant et tellement juste dans l'interprétation . Là aussi, nous avons face à nous un éblouissant jeu artistique. Nous applaudissons.
Le rôle titre est joué respectivement par Yu Shaoqun et Leon Lai. Si Yu Shoaqun est très convaincant bien qu'accentuant un peu trop le côté pur du personnage, Leon Lai lui apparaît plus effacé . Malgré tout il tire son épingle du jeu en endossant ce rôle qui à la scène se transforme en une figure féminine et qui a côté est un homme tout ce qu'il y a de plus masculin.
Zhang Ziyi apparaît finalement assez peu dans l'ensemble du film même si son rôle est un tournant semble-t-il dans la vie du Maître. On notera sa prestation plus qu'intéressante lorsqu'elle
entonne des chants de l'opéra de Pékin. Pour le reste c'est du Zhang Ziyi.
Le film un véritable feu d'artifice et même si nous ne sommes pas acclimatés avec cette culture on peut aisément comprendre pourquoi Mei Lanfang a pu connaître une popularité qui dépasse son pays. Même si parfois le personnage peut agacer avec un côté trop blanc (jusque dans le costume) on rentre dans l'histoire malgré tout et on est sensibilisé à cet univers.
Le réalisateur n'omet aucun détail notamment sonore avec le sifflet de la locomotive qui revient à des moments cruciaux du récit comme un nouveau départ, comme un train en marche que l'on doit prendre...
Il y glisse aussi des sujets parfois houleux notamment lorsque le personnage de Qi Rushan s'étonne lors d'une tournée aux Etats-Unis qu'une spectatrice parte avant la fin de la représentation et
que le portier lui dit « Nous sommes dans un pays libre ».
Autre thème très délicat l'invasion du Japon en Chine. On évite les sempiternels clichés d'horreur à coup de manichéisme et d'images terrifiantes. Ici l'atmosphère est pesante et la simple
évocation de la ville de Nankin arrive à résumer tous les plus grands poncifs sur le sujet. Les Japonais même s'ils ne sont pas montrés comme des enfants de coeur ne sont pas non plus que des
monstres comme en témoigne le jeune soldat admirateur du travail de Mei Lanfang.
Le seul regret est que le film ne montre pas la vie après guerre du grand maître mais les dernières images compensent largement cette frustration.
On est émerveillé et même si l'ombre inévitable d' « Adieu ma concubine » plane, Mei Lanfang arrive à trouver ses marques. Le Cinéma c'est également la beauté du geste, l'émotion qui crève l'écran et une histoire qui embarque le spectateur. Assurément Chen Kaige a réussi le tout !